Henri Konan Bédié : le Sphinx du PDCI-RDA

Henri Konan Bédié, né le 5 mai 1934 à Daoukro, centre-est de la Côte d’Ivoire, est un homme d’État ivoirien, président de la République de Côte d’Ivoire de 1993 à 1999.

Né en pays Baoulé, il fait des études à l’École normale de Dabou, puis à l’université de Poitiers. Il est ensuite nommé ambassadeur aux États-Unis (1961-1966), ministre des Finances (1966-1977), et enfin président de l’Assemblée nationale (1980-1993). Ce poste lui vaut d’assurer l’intérim jusqu’en 1995 à la mort de Félix Houphouët-Boigny.

Bédié devient Président de la République

il encourage pendant son premier mandat la stabilité nationale, mais il ne bénéficie pas du charisme et de l’aura de son prédécesseur, et se retrouve rapidement accusé de répression politique et de corruption. Il est accusé de mettre en place le concept d’ivoirité, selon lequel une personne serait ivoirienne seulement si le père et la mère sont d’origine ivoiriennes, ce qui permet d’écarter son opposant Alassane Ouattara à l’élection présidentielle ivoirienne de 1995.

En 1995, il est élu avec 96,44 % des suffrages, tous les autres candidats à l’exception de Francis Wodié (Parti ivoirien des travailleurs), ayant boycotté l’élection à cause de la réforme controversée du code électoral.

Son mandat est marqué par une crise sociale majeure, consécutive aux problèmes économiques que connait le pays depuis le début des années 1980 malgré des plans d’ajustement structurel et des réformes libérales effectuées de 1990 à 1993. Cette crise est amplifiée par la mauvaise gestion et la corruption alors grandissante. Si économiquement, la Côte d’Ivoire montre des signes de timide reprise, les indicateurs de développement restent en berne tandis que la pauvreté, jadis limitée, augmente progressivement. Afin de relancer la croissance économique du pays, Henri Konan Bédié souhaite mettre en œuvre de vastes chantiers d’infrastructures, parmi eux le projet de pont Riviera-Marcory.

Le pays s’enfonce progressivement dans une crise politique à dimension ethnique, liée à l’application de l’Ivoirité, concept xénophobe ayant pour but de disqualifier l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara des prochaines échéances présidentielles d’alors. La crédibilité du président et de l’ensemble de son administration, déjà perçue comme corrompue3, est mise à mal lorsque éclate en 1999 l’affaire des 18 milliards de l’Union européenne4, aide destinée à être investie dans du matériel médical au profit des hôpitaux ivoiriens, et détournée par différentes personnalités de l’État, dont le ministre de la Santé Maurice Kacou Guikahué5. Le Président et sa femme ont longtemps été suspectés d’avoir également participé ou joué un rôle dans ce détournement massif[réf. nécessaire], tandis que le gouvernement a promis de rembourser la somme détournée, correspondant à 38 % du total des fonds offerts. Cette affaire entraîne un remaniement ministériel avec le limogeage des personnes incriminées6, mais aussi le désengagement de nombreux investisseurs et partenaires financiers dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Il est renversé par un coup d’État militaire le 24 décembre 1999, lequel installe Robert Guéï à la Présidence.

Le « Sphinx », président du PDCI

Après deux ans d’exil à Paris, il rentre en Côte d’Ivoire en 2001 pour participer au Forum de réconciliation nationale.

Membre de droit du Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, il est investi en 2006 par le PDCI-RDA pour être candidat à l’élection présidentielle, reportée à plusieurs reprises. Le 31 octobre 2010, il est candidat à l’élection présidentielle ivoirienne et obtient 25,2 % au premier tour. Après avoir exigé un recomptage des votes8, il appelle finalement à voter Alassane Ouattara contre Laurent Gbagbo au second tour. Il rompt avec Ouattara en 2018.

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