Zota choisit la danse et la chorégraphie

Zota à l’état civil, c’est Ange Patricia Kanon. Née à Yopougon Sicogi. c’est une femme qui a toujours rêvé d’être une étoile de la danse. Si son parcours reste commun à la plupart des danseurs en Côte d’ivoire, on peut dire que sa personnalité a su faire la différence.

Danser, une seconde nature

Ange Patricia a grandi à Ferké, et de loin qu’elle se souvienne, elle a toujours aimé la musique, surtout danser.

« Depuis toute petite, je me souviens que j’aimais la danse. J’étais devant la télévision, entrain de copier les chorégraphies des artistes qui passaient »

Elle ne sait plus qui étaient ses chanteurs ou danseurs préférés quand elle était petite, il y en avait tellement. En 1997, elle perd son papa et va vivre chez son oncle où elle est toujours prise du virus de la danse. Revenue à Abidjan à l’âge de 6 ans, elle continue de danser dans son quartier. Son oncle voit déjà en elle un potentiel artistique.

« Quand je vivais chez mon oncle, il voulait m’inscrire au Village Kiyi. Mais ma tante a dit qu’il fallait faire des études avant tout »

Ange Patricia passe son temps à participer aux « ballets* » de son quartier. Sa première chorégraphie, elle l’a faite sur la chanson de Gadji Celi, “Aouli oh“.

« C’était ma première fois de faire une choré, j’étais au CE1 »

Au CM1, elle retourne chez sa mère et c’est là que sa passion prend plus de place dans sa vie.

« Je me suis véritablement donnée à la danse. Je me rappelle qu’il y avait un chorégraphe qui était venu recruter des danseurs et c’est comme ça que je me suis inscrite dans le groupe »

La Danse VS les études
Ange Patricia passe son temps dehors à danser dans des groupes. Sa mère ne voit pas bien que sa fille, traîne dans ce milieu. Donc pour lui faire plaisir, Ange Patricia prend le chemin de l’école. Mais pour la jeune fille qui se voyait déjà devenir grande danseuse, difficile d’arrêter, allant jusqu’à sécher les cours.

« Ma mère m’avait pourtant inscrite à un groupe d’étude, mais je n’y allais même pas… Je m’habillais, je prenais mes fournitures mais je partais toujours dans le groupe de danse »

Alors qu’elle est en classe 3ème et qu’elle prépare son examen (le BEPC), Ange Patricia est également inscrite dans un groupe en compétition à l’émission télé populaire de l’époque : « Variétoscope »

« J’ai échoué au BEPC à cause de la danse, je n’avais le temps de bosser pour mon examen »

Danser, un hobby devenu métier

Après le BEPC, sa mère insiste pour qu’elle continue ses études en passant son examen en candidate libre. Inscrite en seconde dans une nouvelle école, Ange Patricia rencontre « ses grande sœurs » déjà danseuses pour des artistes de coupé-décalé, notamment la sœur et danseuse de l’artiste DJ Caloudji.

« J’avais des grands frères danseurs dans le quartier, qui ont proposé de me les présenter »

Ses nouvelles grandes- sœurs de la danse l’introduisent dans le milieu, ce qui lui permet de faire quelques prestations avec des artistes comme le MOLARE, DJ Caloudji ou encore Arsenal DJ. Jusque-là, Ange Patricia s’amuse à danser sans se dire qu’elle pourrait gagner sa vie avec cette passion.

Mais comment, elle envisageait gagner sa vie sachant qu’elle séchait les cours à aller danser sans être payée ? Sa réponse à cette question est simple
« Quand tu es jeune, parfois, tu t’en fous un peu de tout ça hein… tu ne penses pas à demain. Tu veux être où tu es l’aise. »

C’était l’état d’esprit de Ange Patricia. Faire ce qu’elle aime par plaisir, qu’elle soit payée ou non ne la dérangeait pas. Arrivée en classe de première, elle décide de dire à sa maman qu’elle souhaite arrêter l’école pour se consacrer à la danse. En effet, le fait d’être une lycéenne l’empêchait de participer à des prestations. Elle ne pouvait pas le supporter.

« Quand les vieilles mères m’appelaient pour venir danser, qu’elles me voyaient en bleu-blanc, ça les décourageait. Elles voulaient que je parte à l’école »

A cette époque, les grandes sœurs d’Ange Patricia le savent et le vivent. Danser « ne nourrit pas son homme », surtout dans le coupé-décalé. Elles ne voulaient pas que la petite lycéenne gâche sa vie en les suivant. Elles lui répétaient…

« Y’a rien dedans oh, il faut aller à l’école ».

Mais, rien n’y fait, elle s’entête et continue. En 2009, elle rencontre Nelly Djouma, l’artiste chanteuse part en tournée avec elle, passe à la télé… ratant un semestre de sa classe de 1ère. Sa mère qui la voit à la télé, finit part abdiquer et négocie avec elle pour qu’elle passe son BAC avant de tout lâcher… A partir de là, ayant la bénédiction de sa mère, Ange Patricia prend conscience du fait qu’elle pourrait faire de la danse son métier et s’y consacre entièrement.

Sa rencontre avec Serge Beynaud, la naissance de Zota
Ce moment, est un tournant dans la vie et la carrière de la danseuse. Encore en tournée avec Nelly Djouma, elle rencontre l’artiste, qui lui propose de venir danser pour lui.

« J’étais assise à un garage à un ami, et il m’a approché, il m’a demandé si je pouvais danser avec lui »

L’artiste venait de sortir « koumanlébé » et préparait un nouvel album pour lequel il avait besoin de danseurs. Contacts échangés, elle commence les répétitions avec les autres danseurs : 4 à l’époque… Après la sortie de l’album, Serge Beynaud en début de carrière, veut continuer sa collaboration avec la jeune danseuse. Il l’appelle « ma petite » ! Ils passent beaucoup de temps ensemble à répéter et travailler les pas de danse. C’est alors qu’un soir de 2012, chez l’artiste, un vieil ami d’Ange Patricia danse avec elle et lance son ancien surnom du temps de variétoscope « Zota » ! Serge Beynaud l’entend et depuis elle est passée de « la petite » à « la petite Zota » . Comme un grand frère pour elle, l’artiste la conseille, mais aussi la propulse sur le devant de la scène en la citant dans ses chansons et la présentant lors de ces spectacles.

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