Charles Blé Goudé, observe et conseille le dialogue politique

Charles Blé Goudé, né le 1er janvier 1972 à Niagbrahio, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, est un homme politique ivoirien. Dans la situation actuelle, il opte plutôt pour la main tendue au régime. il aurait préfèré que son pays évita une seconde crise électorale. Découvrons qui est cet homme qui attend son heure.

Ses actions durant les événements de novembre 2004 en pleine crise politico-militaire en Côte d’Ivoire sont controversées et il fait pour cela l’objet de sanctions de l’ONU pour notamment avoir participé à des actes de violences et d’avoir incité à la haine. Lors de la crise ivoirienne de 2010-2011, il soutient le camp de Laurent Gbagbo. Après la défaite de ce dernier, la Cour pénale internationale émet un mandat d’arrêt international à l’encontre de Blé Goudé pour crimes contre l’humanité. Il est arrêté en janvier 2013 au Ghana, puis détenu en Côte d’Ivoire avant d’être transféré le 22 mars 2014 à la Cour pénale internationale à La Haye. Celle-ci l’acquitte le 15 janvier 2019 mais la justice ivoirienne le condamne à 20 ans de prison en décembre 2019.

En 1991, il obtient son baccalauréat.

En 1990, il adhère à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) et à partir de ce moment occupe différents postes de secrétaire à différents niveaux. En 1996, il devient le Secrétaire national à l’organisation au bureau national et en 1998 succède à Guillaume Soro en tant que Secrétaire général de la FESCI pour un mandat de deux ans.

Entre 1994 et 1999, il est emprisonné huit fois pour son engagement dans la lutte syndicale estudiantine.

En 2001, il crée le Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP), mouvement qui se déclare en lutte contre l’impérialisme et le néo-colonialisme.

Il obtient une licence d’anglais dans des conditions controversées et passe un master en gestion et prévention des conflits à Manchester en Angleterre avant de suspendre ses études pour regagner Abidjan lors du début de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire en septembre 2002.

Cette même année il fonde l’Alliance des jeunes patriotes pour le sursaut national qui organise plusieurs manifestations, pour certaines violentes, pour le départ des forces armées non ivoiriennes et « l’indépendance économique » de la Côte d’Ivoire. D’une manière plus générale cette alliance, couramment appelée simplement Jeunes patriotes, apporte son soutien au président Laurent Gbagbo et joue un rôle important et controversé durant toute la durée de cette crise.

Le 6 novembre 2004 les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) bombardent des positions françaises et tuent neuf soldats français et un civil américain, la France réplique détruisant tous les moyens militaires aériens de FANCI. Dans la soirée Charles Blé Goudé lance à la télévision un appel à la résistance contre la présence française avec les mots : « Si vous êtes en train de manger, arrêtez vous. Si vous dormez, réveillez vous. Tous à l’aéroport, au 43e BIMa. L’heure est venue de choisir entre mourir dans la honte ou dans la dignité ». S’ensuivent des manifestations violentes contre plusieurs Occidentaux et leurs propriétés.

Condamné par l’ONU le 7 février 2006, il est interdit de voyager et ses avoirs sont gelés, car accusé de :

« déclarations publiques répétées préconisant la violence contre les installations et le personnel des Nations unies, et contre les étrangers; direction et participation à des actes de violence commis par des milices de rue, y compris des voies de fait, des viols et des exécutions extrajudiciaires; intimidation du personnel de l’ONU, du Groupe de travail international (GTI), de l’opposition politique et de la presse indépendante; sabotage des stations de radio internationales; obstacle à l’action du GTI, de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et des forces françaises et au processus de paix tel que défini par la résolution 1633 (2005). »

À la suite de l’élection présidentielle controversée de novembre 2010, Blé Goudé est nommé ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi dans le gouvernement du Premier ministre Gilbert Marie N’gbo Aké, nommé par Laurent Gbagbo mais non reconnu par l’opposition et par la communauté internationale.

La déroute des forces pro-Gbagbo après la reprise des combats en mars 2011 et l’approche des forces pro-Ouattara vers Abidjan l’incitent à vouloir prendre la fuite vers le Ghana le 12 mars 2011. Arrêté par les gendarmes à Aboisso, il est prié par ces derniers de retourner vers la capitale économique afin de poursuivre son combat9. Quelques jours après, le 21 mars, il mobilise une foule de jeunes Ivoiriens, venus s’enrôler dans les forces pro-Gbagbo. Il organise ensuite une grande manifestation de soutien au président Gbagbo près du palais présidentiel, dans la soirée du 26 mars avec un campement sur place dans la nuit suivante, qui rassemble entre 200 000 et 500 000 participants.

Après l’assaut des forces armées d’Alassane Ouattara, le 11 avril 2011, contre le palais présidentiel d’Abidjan tenu par Laurent Gbagbo et ses partisans, Charles Blé Goudé part en exil. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il est arrêté le 17 janvier 2013 à Accra, détenu par la police ghanéenne, puis extradé vers la Côte d’Ivoire le lendemain15.

Le 1er octobre 2013, la Cour pénale internationale annonce avoir émis un mandat d’arrêt à son encontre le 21 décembre 2011. Blé Goudé y est visé pour des crimes contre l’humanité commis en 2010-2011 (meurtres, viols, persécutions…). Le 20 mars 2014, le conseil des ministres de Côte d’Ivoire accepte de remettre Blé Goudé à la CPI2. Il y est transféré le 22 mars 2014. Il est le 3e ressortissant ivoirien, après Laurent Gbagbo et son épouse Simone à être poursuivi par cette juridiction pour les violences meurtrières de fin 2010-début 2011.

Son procès, conjoint avec celui de Laurent Gbagbo s’ouvre à La Haye le 28 janvier 2016. Sa durée est estimée à 3 ans minimum. La chambre est composée des juges Cuno Tarfusser (it), président, Olga Herrera Carbuccia (en) et Geoffrey Henderson.

Le 23 juillet 2018, la défense de Charles Blé Goudé dépose une demande de non-lieu. Son coaccusé Laurent Gbagbo fait de même.

Le 15 janvier 2019, Charles Blé Goudé est acquitté par la Cour pénale internationale20. Le lendemain, la CPI suspend sa remise en liberté, après un nouvel appel déposé par le procureur. Celui-ci doit être au examiné sur le fond par la chambre d’appel le 1er février 2019. Il est alors libéré sous condition et est contraint à rester aux Pays-Bas.

Le 18 décembre 2019, le procès de Blé Goudé pour des « actes de torture, homicides volontaires et viol » commis pendant les années 2010 et 2011, se tient devant le tribunal criminel d’Abidjan. Les avocats de Blé Goudé déposent un pourvoi en cassation car Blé Goudé, bloqué aux Pays-Bas en raison de sa liberté conditionnelle, ne peut se défendre en Côte d’Ivoire. Le procès est alors reporté. Mais, le procès a toutefois lieu en décembre, sans la présence des avocats de Blé Goudé et le 30 décembre, Blé Goudé est condamné à 20 ans de prison, 10 ans de privation de ses droits civiques et 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts. Un mandat d’arrêt est délivré contre lui.

Le 6 février 2020, s’ouvre le procès en appel devant la CPI pour une levée partielle des termes de la liberté conditionnelle de Blé Goudé.

En mai 2020, la CPI lève plusieurs contraintes de la liberté conditionnelle de Blé Goudé, en particulier, il récupère son passeport et la possibilité de sortir de sa commune de résidence. Néanmoins, Blé Goudé doit demander et obtenir l’accord des pays dans lesquels il souhaite se rendre.

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